Revolution in South Asia

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French Translation: Les premiers jours de mai au Népal — Grève générale et provocation

Posted by Mike E on May 15, 2010

Thanks to the le Comité de Solidarité Franco-Népalais  for this translation. The piece, by Jed Brandt appeared originally in English  jedbrandt.net

Les premiers jours de mai au Népal — Grève générale et provocation

par Jed Brandt

Katmandou, 11 mai — La plus grande mobilisation d’êtres humains dans l’histoire du Népal a amené des centaines de milliers de villageois dans la capitale Katmandou pour les manifestations du premier mai – et le pays tout entier s’est arrêté.

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En marche pour défendre les barricades contre les provocations de la droite

Premier Mai !

Le premier mai, cette ville a appartenu aux maoïstes.

De Kalanki au Old Bus Park, les autobus bondés se sont déversés dans la ville. Chaque siège et espace était remplis. Les jeunes hommes étaient perchés sur les toits. Des sacs de riz, de lentilles et de légumes étaient stockés dans les écoles, les salles des fêtes et les chantiers de construction qui ont servi de campements aux manifestants.

Depuis que je suis arrivé à Katmandou, c’a été une chose remarquable de voir le marteau et la faucille flotter si fièrement à travers la ville. Mais le premier mai, voyant les milliers d’ouvriers des syndicats marcher à travers la ville pour accueillir les villageois, dont nombre d’entre eux voyaient une ville pour la première fois – tout cela a rempli de chair et de sang le vieux symbole communiste. Le marteau pour les ouvriers, la faucille pour les paysans.

La vie normale s’est complètement arrêtée. Les voitures et les motos sont restées sur le bas côté des routes et ainsi, pour la première fois du mois, les cieux bleus se sont ouverts à mesure que le voile de brouillard s’est levé.

https://i0.wp.com/jedbrandt.net/wp-content/uploads/2010/05/kathmandu-nepal-may-maoist-jed-brandt1-679x1024.pngLes maoïstes ont alors mis en rote la grève générale dans tout le pays – appelée bandha en Asie du sud. Leurs sympathisants ont fermé les magasins, les écoles et le transport dans la capitale et d’autres villes. C’était une démonstration importante de puissance de la part du Parti maoïste. Et c’était même plus – c’était une initiative politique audacieuse qui a confirmé le mandat populaire authentique des maoïstes.

Il y a six mois, le vice-président maoïste Dr. Baburam Bhattarai a décrit le plan :

« Maintenant nous [pouvons] pratiquer vraiment ce que nous avions prêché. Cela signifie la fusion de la stratégie de la guerre populaire prolongée et la tactique de l’insurrection générale. Ce que nous avons fait depuis 2005 est le chemin de la préparation pour l’insurrection générale par notre travail dans les zones urbaines et notre participation au gouvernement de coalition. » (Interview, 26 octobre 2009)

Maintenant, en mai, nous voyons tous les résultats de ces préparations. Aucun autre parti, aucune autre force au Népal n’a pu faire quoi que ce soit d’équivalent. En comparaison, les ennemis des maoïstes ont seulement été capables de colporter une peur paranoïaque au sujet des campagnards entrant dans la capitale, de menaces de répression violente et de leur tentative non réussie d’obliger les commerçants à défier la bandha.

L’arrêt d’une Capitale

Au début du 2 mai, les intersections majeures ont été bloquées, la plupart avec des chanteurs, des performances de danse et de la musique tout au long de la journée tandis que les manifestants s’asseyaient en tailleur en de longues files s’étirant dans les rues adjacentes. Chacun de ces dix-huit sites a été appelé « barricade », même si les seuls obstacles physiques dans les rues étaient les grandes foules excitées de rebelles.

Le centre principal de la grève était Katmandou, mais dix autres zones urbaines ont également été le lieu de mobilisations, et des rassemblements ont été tenus le long de la frontière indienne dans le Terai, au sud du Népal.

Le 3 mai, les manifestants ont complètement encerclé la ville plus de deux fois, se tenant main dans la main en deux chaînes humaines de 28 kilomètres autour de la ceinture du Ring Road- une des seules routes modernes du Népal.

Pendant que nous marchions sur cette route, nous sommes passé devant une effigie de papier mâché du « gouvernement fantoche », une des nombreuses qui ont brûlé dans toute la ville.

Les cris de « Lal Salaam ! » (Salut Rouge !) se sont élevés des rangs populaires le long des deux côtés de la route. Sourires, poings levés et fierté. Le commun des mortels a tenu la ville, et la puissance du jour n’a été perdue par personne.

Lorsque Prachanda, Dr. Baburam Bhattarai, Kiran et d’autres dirigeants maoïstes ont été conduits le long du Ring Road « Rouge Révolutionnaire », les cris et les poings levés ont pris la route entière. Peu importe ce qui se dit dans les bâtiments gouvernementaux, le lien des maoïstes avec le vaste Népal, avec les masses appauvries, est immanquable. Prachanda est leur dirigeant. Même les dirigeants maoïstes de second plan imposent plus de respect dans la rue que les dirigeants non élus du gouvernement.

La violence et le chaos ont été prévus par les partis gouvernementaux. Les maoïstes ont montré l’étendue de la puissance et la sobriété populaires– en dépit des nombreuses provocations violentes de la Youth Force, affiliée à l’UML, des gangs Hindutva [extrêmistes hindous NdT] dans le sud et des tensions qui accompagnent n’importe quel bandha.

Faire éclater l’impasse

https://i1.wp.com/jedbrandt.net/wp-content/uploads/2010/05/Prachanda-kathmandu-nepal-may-maoist-jed-brandt4-1024x679.pngCette crise politique au Népal a parfois semblé lente et stagnante. Mais pas maintenant. Les forces agressives poussent à la résolution. Il y a de l’impatience partout. C’est devenu le genre de crise qui peut soudainement aboutir à un coup d’Etat militaire ou à une révolution des classes inférieures.

L’Assemblée Constituante bloquée ne s’est pas réunie depuis plus d’un mois. La date-limite du 28 mai pour écrire la première constitution démocratique du Népal s’approche rapidement.

« Nous sommes dans la mobilisation maintenant, direct jusqu’à la victoire, » a dit un dirigeant étudiant sur une barricade près des ministères. « Notre stratégie est directement le socialisme, notre tactique ne sera pas simple. »

Le premier ministre isolé M.K. Népal résiste obstinément à l’effort maoïste de lui faire quitter le pouvoir. Soutenu par des commandants de l’Armée Népalaise, encouragé par les conseillers étrangers chuchotant à son oreille, il exige que les maoïstes laissent tomber leur programme de changement radical et démantèlent leur Armée Populaire de Libération (APL) et la Young Communist League (YCL).

De leur côté, les maoïstes rejettent de nouvelles négociations avec les partis gouvernementaux tant que le premier ministre n’aura pas démissionné. Et ainsi le projecteur va des négociations aux rues – où la danse et la festivité du premier mai ont graduellement fait place à la tension et des combats de rue.

Pourtant, la tactique de ce Janaandolan (Mouvement Populaire) a placé la danse avant le combat. À chacune des dix-huit barricades, où plusieurs milliers ont tenu les jonctions principales par leur nombre, les troupes de danse ont encouragé la participation et les ballades populaires ont amené les jeunes foules à leurs pieds. Quelques contingents faisaient des aller et retours en courant en rang dans les rues. Mais eux aussi s’encourageaient et dansaient à chaque sprint.

Le Pouvoir Populaire et les Provocations

https://i1.wp.com/jedbrandt.net/wp-content/uploads/2010/05/dance-kathmandu-nepal-may-maoist-jed-brandt-1024x680.pngLes dirigeants des partis au gouvernement ont ouvertement appelé les commerçants à défier la grève maoïste. Le 5 mai la Youth Force, affiliée à l’UML, a ouvert le feu sur un groupe de cadres de la YCL. Un pistolet semi-automatique a été trouvé sur place, avec des cartouches utilisées. Heureusement personne n’a été blessé.

En dépit de telles provocations, les maoïstes ont gardé leur promesse de maintenir cette série de manifestations sans armes ni violences.

La police a tiré des cartouches de gaz lacrymogène dans l’école de droit occupée, où les centaines de manifestants mangent, dorment et se reposent. Plusieurs ont été blessés.

Puis le 7 mai, les classes supérieures népalaises ont tenu le plus grand rassemblement non-maoïste de la semaine – environ 20.000 à Katmandou – leur but officiel était de pousser à une conclusion non-violente du processus constitutionnel. Les dirigeants des organisateurs, de la Chambre de Commerce et du Barreau du Népal, ont insisté qu’ils étaient indépendants, et que le rassemblement n’était pas un défi à la grève.

Mais des groupes anti-maoïstes se sont formés à partir de ce rassemblement pour lancer des provocations contre les grands campements des maoïstes. Le « rassemblement de la paix » de Katmandou s’est rapidement avéré être tout autre chose que pacifique.

Je suis arrivé dans le secteur juste au moment où le rassemblement de la paix se terminait. Plusieurs groupes se sont détachés et marchaient vers les barricades maoïstes. Plusieurs centaines d’anti-maoïstes ont marché jusqu’à la barricade de Sunhara où approximativement 1.000 maoïstes ont tenu l’intersection. Les contre-révolutionnaires ont chanté qu’ils mettraient la « tête de Prachanda dans un noeud coulant. »

Les maoïstes ont répondu en montant le son de leur musique et ont encouragé les gens à danser au lieu de se permettre d’être provoqués. « Nous faisons une révolution en chantant, une révolution dansante – un nouveau type de révolution, » a dit Swanaam, un dirigeant maoïste qui est impliqué dans le travail idéologique. « Nous n’agirons pas contre ces personnes pour la simple raison qu’elles sont en désaccord avec nous. »

En même temps, 200 cadres de la YCL ont défendu cette intersection et chacun était armé d’un bâton de combat – ce qui ne fait pas de mal non plus.

Essuyant ses yeux, gonflés du gaz lacrymogène de la police, le commandant Pun de la YCL a décrit ces groupes comme étant des « miliciens. » Il m’a dit qu’ils ont jeté des pierres dans la cantine des manifestants, située dans le centre de convention de la ville. Des spectateurs et des manifestants ont été frappés avec des bâtons. Quand la YCL et d’autres ont répondu, la police a répondu lâchement avec du gaz lacrymogène dans le centre de convention et ont chargé à coup de bâton ceux dans la rue. A peu près mille manifestants maoïstes ont rompu les deux lignes de police pour protéger leur campement, et ont été repoussés avec encore plus de gaz lacrymogène. Ils ont renvoyé des pierres à la police pendant qu’ils se dispersaient dans le Old Bus Park.

https://i1.wp.com/jedbrandt.net/wp-content/uploads/2010/05/indypendent_jedbrandt-34-1024x679.jpgDe légers affrontements entre les maoïstes et la police ont éclaté autour du centre ville pendant deux heures. Le secteur entier entre le centre de convention et Singha Durbar [siège du gouvernement NdT] a été secoué. La police a également gazé le campus de loi de l’université de Tribuvan, qui avait été occupé par une faction révolutionnaire d’étudiant et offert en tant que logement aux manifestants venus des villages.

Les manifestants révolutionnaires se sont rassemblés près des ministères de Singha Durbar que les maoïstes ont bloqués pendant des jours. Des dizaines se sont alignés le long des trottoirs pour se rincer les yeux, rouges et gonflés par le gaz. Beaucoup ont enduit leurs visages de dentifrice pour refroidir la brûlure.

Alors que j’interviewais des gens, nous pouvions entendre les combats de rue à quelques blocs de là.

Diwash, un ardent jeune communiste et président d’un corps d’étudiant sur un des campus satellites de l’université nationale, était détendu face aux provocations. Il m’a dit :

« Évidemment leur motif est de rallonger la grève jusqu’à la fin de la constitution intérimaire. Ils veulent amener le pouvoir présidentiel par Yadav [président intérimaire NdT]. C’est seulement le mauvais rêve des partis de gouvernement. Nous sommes assez forts pour faire la révolution. Nous ne pouvons pas capturer seulement l’Etat. Si nous obtenons Prachanda en tant que premier ministre, il y en a beaucoup dans l’armée qui seront dans notre main. »

https://i2.wp.com/jedbrandt.net/wp-content/uploads/2010/05/kathmandu-nepal-may-maoist-jed-brandt3.pngUn homme plus âgé hurla alors « 80 pour cent ! »

Diwash n’a pas pris les attaques des miliciens au sérieux, disant qu’elles étaient des distractions et pas « la contradiction principale. »

« Quand leur psychologie sera en baisse, nous capturerons l’Etat. Nous sommes forts, solides. » Diwash a continué. « Prêts pour mettre en place le communisme, pas le communisme pur dans l’abstrait, mais le socialisme. Nous pouvons mettre les hôpitaux, toutes les écoles pour le peuple et pas comme un business. Une nouvelle constitution signifie la réforme agraire et un gouvernement populaire qui se développent vers le communisme. »

Le combat dans la capitale menaçait clairement de s’accentuer. Et, bien que le détail de leurs calculs ne soit pas connu, la direction maoïste a décidé qu’ils n’étaient pas encore prêts, à ce moment, pour aller jusqu’à un affrontement décisif avec les militaires.

Prachanda, Président du parti maoïste, est apparu à la télévision népalaise vendredi soir, 7 mai, pour annoncer que la grève sera suspendue.

Il a appelé à un rassemblement le jour suivant. Il a dit que « la lutte décisive » continuerait — pour renverser le gouvernement actuel et le remplacer par un dirigé par le Parti Communiste Unifié du Népal (maoïste).

Une orientation pour la confrontation actuelle

Le samedi 8 mai j’ai rejoint une des centaines de marches dans le centre ville. J’ai été entouré par deux mille Newari marchant du côté nord de la ville.

Les percussions nous menant ont gardé la cadence. Mais le reste des marcheurs ont davantage été impliqués dans les conversations sur les événements des derniers jours que dans le chant. La tension était palpable. Le premier ministre n’avait pas démissionné. Il y avait eu deux jours d’escalade des confrontations. Et cette foule était clairement préparée pour de nouvelles provocations. Nous avons traversé le centre commercial de Durbarmarg. Tous les magasins onéreux de l’élite étaient à nouveau ouverts pour le commerce. Il y avait évidemment peu de satisfaction de notre part pour cela.

https://i0.wp.com/jedbrandt.net/wp-content/uploads/2010/05/indypendent_jedbrandt-12-679x1024.jpgAu Martyr’s Field à Ratna Park, j’ai couru voir Madushi Bhattarai, une dirigeante étudiante à l’université de Tribuvan.

« Vous savez ce qui se passe ? » j’ai demandé.

« Nous saurons aujourd’hui. Une pas en arrière, je pense, pour deux pas en avant, » a dit Madushi. « Durant la guerre populaire nous avons eu deux cessez-le-feu, et les avons utilisé pour avancer. Nous aurons une nouvelle phase tactique. »

Madushi parle anglais avec une maîtrise rare, ayant étudié à Londres. Elle a confié qu’elle ne savait pas quoi prévoir, mais voyais ceci en tant que « virage dans le chemin vers le 28 mai. »

« Le Janaandolan n’a pas été annulé. Ni les agitations, » a indiqué Madushi. « Si vous regardez les maoïstes népalais du point de vue des mouvements communistes du passé, vous ne pourrez pas nous comprendre. Depuis les premières années de notre mouvement, personne n’a pu prévoir comment nous avancerons. Ceci définit notre conduite. Notre but est le socialisme, c’est constant et nous ne sommes pas confus. Autant pour les élections que pour la guerre populaire – ou cette grève générale- nous trouvons nos tactiques dans nos objectifs. »

« Nous avons confiance en nos dirigeants, » a indiqué Madushi, secouant sa tête en reconnaissance du fait que ses propres parents sont parmi ces chefs du parti maoïste.

« Beaucoup de cadres dans mon campement ont été blessés hier et sont très frustrés avec l’arrêt de la grève. Les gens récupéraient des blessures et ont entendu l’annonce à la télévision sans réunions à l’intérieur du parti. »

Conclure une répétition générale

Quand nous sommes arrivés au rassemblement, la foule en attente était sobre. Un bas bourdonnement de discussion montait des nombreux groupes de personnes. Les comédiens et les musiciens ont chauffé la scène jusqu’à ce que le dernier groupe de marcheur arrive. Plusieurs dirigeants du parti ont parlé. Mais chacun attendait Prachanda.

« Nous avons fait l’histoire avec la grève la plus paisible dans l’histoire du Népal, » a commencé Prachanda. « Nous avons senti la nécessité pressante, en tant que plus grand parti, d’être sensibles à la situation difficile du peuple » – alors même que le gouvernement était demeuré indifférent aux justes demandes de démission du premier ministre.

« Les gens qui nous soutiennent ont commencé à être blessés. Les travailleurs commençaient à souffrir. Nous avons appelé à l’arrêt de la grève pour maintenant. »

« La balle est maintenant dans le camp du gouvernement, » a indiqué Prachanda. « Nous répondrons seulement après qu’elle revienne. »

Prachanda a rejeté des négociations avec le gouvernement tant que le premier ministre refusera de démissionner.« Si nous n’avons pas la paix et la constitution que nous voulons, la patience, la non violence et la civilité de cette grève ne seront pas vues la prochaine fois. »

Prachanda a alors dit à l’assemblée :

« La grève est suspendue, mais cette lutte n’a pas fini. Janandolan III a commencé. La grève était seulement une répétition générale. Nous montrerons le film entier avant le 28 mai si nos demandes ne sont pas satisfaites. »

Les maoïstes du Népal ne s’accrochent pas aux modèles rigides de la Chine ou de la Russie. Ils sont célèbres pour leurs manières non-dogmatiques. Mais les mots de Prachando font ici clairement écho à la description célèbre de Lénine des combats de rue en Russie comme une « répétition générale » pour capture finale du pouvoir en 1917.

Depuis 2006, les maoïstes au Népal ont travaillé pour compléter leur Armée Populaire de Libération rurale avec la nouvelle croissance puissante de la combativité populaire.

Janaandolan I était un soulèvement en 1990 qui a donné naissance à cette génération de dirigeants révolutionnaires. Janaandolan II était le soulèvement 2006 qui a éliminé la monarchie. Janaandolan III est le terme des maoïstes’ pour le troisième soulèvement qui est maintenant mené pour leur programme radical d’un Nouveau Népal.

En appelant cette dernière semaine de grèves et de manifestations une « répétition générale, » Prachanda indique que le rideau pourrait se lever pour une scène d’ouverture longuement préparée.

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais

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